LA FABRIQUE DES PAYSAGES PAR L'HOMME AU MOYEN AGE

Description

La fabrique des paysages par l’homme au Moyen Âge,
en Anjou et Haute-Bretagne

 

Dans l’Ouest, comme en France et dans beaucoup de régions du monde, les paysages actuels soumis à l’action d’une population humaine en croissance constante, ont perdu au cours des siècles tout caractère naturel. Depuis le Néolithique l’homme n’a pas cessé d’accroître sa pression sur son environnement par les actions de son agriculture, de son habitat, de ses déplacements, plus tard par de ses industries, et maintenant de ses loisirs. Dans ce phénomène multi millénaire et constant, le Moyen Âge (≈500 à ≈1500) constitue une période charnière. Se met alors en place un ensemble de trames paysagères fortes et durables, sans lesquelles on comprendrait mal notre environnement du xxie s. C’est à partir d’exemples de Bretagne, du Maine et de l’Anjou qu’elles seront présentées dans cette conférence.
En premier lieu, apparaissent de nouveaux réseaux de lieux d’habitat toujours sous-jacents de nos jours : celui des lieux-dits ruraux au cœur des terres, celui des paroisses autour des églises et celui des villes petites ou moyennes autour des châteaux.
Les espaces agraires s’étendent alors de plus en plus, sous la forme de défrichements, tels ceux souvent cités de certaines abbayes. Mais on ne doit pas oublier ceux liés aux châteaux et manoirs, pas plus que l’immensité et l’importance des landes pour les communautés rurales qui en tiraient de multiples ressources. Le bocage n’en est alors qu’à ses prémices.
A cette époque, l’élevage ne tient encore qu’une assez faible place dans le  monde et l’espace paysan ; seigneurs laïques et religieux se l’accaparent. C’est en particulier le cas du cheval élevé sous forme de haras semi-sauvages dans les forêts, telles du centre de la Bretagne dont les puissants sont seuls à détenir le privilège.
Le mot forêt, absent du latin, est une fabrication médiévale comme la forêt elle-même. Il ne s’agit en rien d’un « paysage naturel » mais d’un espace boisé artificiel, car voulu et construit peu à peu par les grands détenteurs du pouvoir, afin de capitaliser les revenus des bois et de l’élevage, et de s’y livrer aux plaisirs de la chasse. Les plus puissants d’entre eux, tels les ducs de Bretagne, ainsi que les plus hauts seigneurs, s’aménagent même d’immenses espaces enclos de talus ou de murs. Ce sont les « parcs à gibier» où ils pouvaient chasser à loisir tout en exhibant leu pouvoir.
La voirie complexifie elle aussi le paysage au fur et à mesure que se multiplient les lieux d’habitat et de pouvoir tels l’église, le château, mais aussi le moulin à eau. Ce dernier connaît alors un immense essor lié aux progrès de la technique, à l’essor de la production agraire, et à son accaparement par le monde seigneurial. Ses progrès incessants génèrent une multitude de chaussées et d’étangs dont on oublie trop souvent qu’ils sont tous artificiels. L’eau prend alors une place nouvelle dans le paysage tandis que de très nombreux chemins sont déviés ou créés pour passer sur les chaussées de moulins.
Loin d’une simple compilation, cette présentation est le fruit de longues recherches originales aux sources mêmes de l’histoire : celles des cartulaires et des chartes de cette époque, dépouillés dans de nombreux dépôts d’archives, celles des plans anciens tels les cadastres napoléoniens, celles des photographies aériennes anciennes de l’IGN, mais aussi celles des prospections de terrain nécessaires pour corriger les manques ou les erreurs des sources écrites. Enfin, la conférence ne consiste pas en la simple lecture d’un texte pré-écrit, mais dans une parole et un regard à l’adresse directe des auditeurs, sans cesse accompagnés d’un montage d’images de textes anciens, de plans, de cartes, de photos au sol, ou du ciel.

Notre conférencier, Jean-Claude Meuret est né en 1945;
Pendant 30 ans, il enseigne l’Histoire-Géographie au collège public de La Guerche de Bretagne.
En 1986, sans jamais cesser d’enseigner, il reprend smes études supérieures d’Histoire, tout en entamant pendant les vacances des fouilles archéologiques sur la marche Anjou-Bretagne. 
En 1993, il soutient sa thèse de doctorat, puis obtient un poste de maître de conférences à l’université de Nantes. 
Là, il enseigne l’archéologie et dirige la formation du DEA de cette discipline, jusqu’en 2003, année de sa retraite.
Depuis, il donne nombre de conférences et publie des études consacrées au Moyen-Âge, parmi lesquelles le cartulaire de l’abbaye de Nyoiseau (49) en 2017. Depuis plusieurs années, il poursuit une étude passionnante sur la chasse au second Moyen-Âge en Bretagne, Anjou et bas Maine, en associant études d’archives et recherches de terrain.

 

 

Détail
Thème
Histoire
Conférencier
Jean-Claude MEURET
Prix
Gratuit pour les adhérents
Date
22/04/2021 14h30
Lieu
Salle des fêtes
Durée
02h00
Référent
Pierre TRONCHON
Nombre de place
250