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 La langue de la communication

Il n’y a pas de pouvoir politique sans contrôle du language. Viktor Klemperer a montré dans « La langue du IIIème Reich » que le pouvoir nazi a exercé un contrôle sur les masses par un travail insidieux et permanent sur la langue. George Orwell a évoqué dans « 1984 » l’émergence d’une novlangue appauvrie et simplifiée à l’extrême ruinant toute possibilité de pensée. Que tout pouvoir totalitaire s’impose entre autres par le contrôle du langage et par une politique de propagande nous semble désormais relever de l’évidence. Mais qu’en est-il aujourd’hui?

Cette conférence tentera de montrer quelle langue s’impose à nous quotidiennement à travers le prisme médiatique et en quoi elle est le reflet d’une civilisation capitaliste et hypertechnologique.

Depuis 2004, Olivier Macaux (Docteur es-lettres) donne des cours et des conférences consacrés à la littérature française du XVIIIe siècle à nos jours (de Jean-Jacques Rousseau à Georges Simenon), à la littérature étrangère (russe et américaine) et au domaine des sciences humaines (de Freud à Guy Debord).

 » Je tente ainsi de transmettre mon expérience de lecteur et ma passion pour la littérature, souscrivant, de cette manière, à ce que Georges Steiner a dit: « L’acte de lecture implique une responsabilité, car c’est un mot qui contient celui de réponse, il faut donc répondre à un texte, à la présence et à la voix d’autrui. Et cela est devenu difficile sinon impossible dans une culture où le bruit est constant, qui ne se réserve aucune plage de silence ni même de patience. Ce que j’entends par patience, c’est son acception du XVIIe siècle lorsque l’étymologie prévalait dans des formules telles que « je souffre que vous veniez à moi » ou « je souffre votre pensée ». Lire, ce n’est pas souffrir mais, à proprement parler, être prêt à recevoir un invité chez soi, à la tombée de la nuit. » (Entretiens, 1992)