Les signes de grande richesse passée ne manquent pas dans toute la Bretagne, notamment dans le Trégor-Goëlo. En témoignent de nombreux édifices religieux et civils.
Mais depuis le XVIIIe siècle, cette prospérité n'a cessé de diminuer jusqu'à ce que la Bretagne, divisée en départements, soit considérée au début du XXe siècle comme une région pauvre, tout particulièrement dans les zones rurales dont la population va baisser des 2/3 en 100 ans. C'est aussi vrai pour bien d'autres régions françaises, conséquence d'un système politique et économique centralisé qui appauvrit les régions d'autant plus qu'elles sont périphériques.
Jean-Jacques MONNIER vient de publier le premier "Historique de la centralisation" commencée dès les Capétiens (987), continuée sous les monarchies, empires et républiques, avec ses conséquences lourdes notamment dans l'Ouest breton.
Il nous livre les grandes lignes de cette histoire vue d’en bas et non du seul pouvoir central, en montrant comment un système en apparence égalitaire crée sans cesse de nouvelles inégalités, handicape le développement et aujourd'hui, met à mal les services publics.
Le phénomène est bien étudié par les sociologues et les démographes, mais sans que se dessinent des perspectives pour sortir du "Mal français", dénoncé de toutes parts depuis plus de 60 ans.

Historien et géographe, Jean-Jacques MONNIER a enseigné en lycée puis en université. Il travaille sur l'histoire de la Bretagne et l'histoire du développement depuis sa jeunesse étudiante. Auteur d'une thèse d'état, il publie régulièrement des ouvrages nouveaux. Il est soucieux d'échanger avec le public au travers de dizaines de conférences et de films documentaires historiques projetés et mis en ligne, souvent en équipe avec le réalisateur Olivier CAILLEBOT.